Combien coûte un site internet pour une petite entreprise
La question paraît simple, et personne n'y répond franchement. Tapez-la dans Google : vous trouverez des offres à 650 €, des forfaits à 1 290 €, des agences qui démarrent à 2 500 €, et des abonnements à 29 € par mois. Tous vendent « un site internet ». Cet article ne va pas vous donner LE prix, parce qu'il n'existe pas. Il va faire mieux : vous montrer ce que recouvrent ces écarts, ce qui fait réellement grimper ou baisser un devis, et vous donner nos propres repères, pour que vous sachiez où vous mettez les pieds avant de signer quoi que ce soit.
Pourquoi les prix vont du simple au quintuple
Ce n'est presque jamais une question de marge ou de malhonnêteté. C'est que le mot « site » recouvre trois métiers différents : fabriquer des pages, décider ce qu'elles doivent dire et à qui, puis faire vivre l'ensemble une fois en ligne. Nous avons détaillé cette grille de lecture dans notre guide Choisir une agence web dans les Alpes-de-Haute-Provence ; l'essentiel tient en une phrase. Un devis à 650 € ne couvre le plus souvent que la fabrication. Un devis à 3 000 € peut couvrir les trois, mais le montant seul ne le prouve pas.
C'est là que se joue toute la lecture d'une proposition : le prix ne dit pas le périmètre. Un montant élevé peut ne financer que des pages, un montant modeste peut être honnête pour ce qu'il annonce. Rien sur le papier ne vous dit lequel des trois métiers vous achetez, sauf le détail poste par poste. Deux propositions au même montant peuvent contenir des travaux sans rapport, et la moins chère des deux peut être la plus chère au regard de ce qu'elle livre.
Ce qui s'observe réellement en PACA
Plutôt que des moyennes nationales invérifiables, voici cinq offres publiques que nous avons ouvertes et relevées une par une le 4 août 2026, chez des prestataires de la région. Ce sont cinq exemples de modèles différents, pas une moyenne du marché : chaque montant renvoie à sa source en fin d'article, et ces tarifs peuvent changer sans préavis.
Cinq offres publiques, relevées le 4 août 2026
- Site d'une seule page : à partir de 650 € HT, chez un studio marseillais qui affiche ensuite la vitrine à partir de 950 € HT. Une page, avec les contenus que vous fournissez.
- Forfait fermé de 4 à 6 pages : 1 290 € TTC, chez un indépendant des Alpes-Maritimes, délai annoncé de 12 à 15 jours. Périmètre identique pour chaque client, prix fixe.
- Niveau agence régionale : vitrine à partir de 1 500 € HT, e-commerce à partir de 3 000 € HT. Attention à l'unité : 1 500 € HT font 1 800 € TTC, et les agences affichent presque toujours en HT.
- Agence marseillaise : site vitrine à partir de 2 500 €, e-commerce à partir de 3 000 €, développement sur mesure facturé à la journée. Même mot « vitrine » que la ligne 1, quatre fois le prix.
- Location par abonnement : à partir de 29 € par mois, pour trois pages, nom de domaine et hébergement compris. Un modèle différent, dont nous reparlons plus bas, parce qu'il mérite mieux qu'une ligne.
Une lecture rapide donne envie de conclure « donc un site vaut environ 1 300 € ». C'est exactement la conclusion à ne pas tirer, et la ligne 4 le montre : deux prestataires vendent une « vitrine » avec un rapport de un à quatre entre les deux. Ces montants ne décrivent pas le même travail, et le vôtre ne ressemble à aucun de ces forfaits tant que personne n'a regardé votre activité.
Les cinq postes qui font varier un devis
Quand nous chiffrons un projet, voici ce qui pèse réellement. Vous pouvez utiliser cette liste pour décortiquer n'importe quelle proposition reçue, et pour préparer votre propre demande : les mêmes points, vus de votre côté, forment le cahier des charges d'une page qui rend les devis comparables.
- Qui écrit les textes. Le poste le plus sous-estimé. Si le devis suppose que vous fournissez les textes et que vous ne les avez pas, le prix est faux dès le départ, et le projet prendra des mois de retard.
- Le travail d'avant les pages. Comprendre qui vous cherche et avec quels mots, décider de la structure, choisir ce que dit la première phrase. C'est invisible sur une maquette et c'est ce qui sépare un site qui décore d'un site qui apporte des demandes.
- Les fonctions. Un formulaire simple, une réservation en ligne, un paiement, un espace en deux langues : chaque marche ajoute de la conception et des tests, pas seulement des pages.
- La visibilité. Un site peut être livré parfait et introuvable. La base du référencement, la fiche Google, les pages pensées pour les recherches locales : selon les offres, c'est inclus, en option, ou absent.
- La suite. Qui fait les mises à jour, les sauvegardes, les modifications, et pour combien. Un prix d'achat bas avec une maintenance floue coûte souvent plus cher sur deux ans qu'un projet complet bien cadré.
Un devis ne se compare pas à un autre devis. Il se compare à la liste de ce que vous avez réellement besoin de recevoir.
Le cas de la location à 29 € par mois
Les offres par abonnement ont un vrai mérite : un coût d'entrée minime, une mise en ligne rapide, et le plus souvent le domaine, l'hébergement et la maintenance inclus dans le prix mensuel. Pour tester une activité qui démarre, c'est défendable. Le point à examiner de près est ce qui se passe à la sortie : sur une partie de ces contrats, le site et son contenu ne se transfèrent pas si vous arrêtez de payer. À ce tarif, la question à poser avant de signer n'est pas « combien par mois », mais « qu'est-ce que je pourrai conserver ou transférer si je résilie ? ».
Faites aussi le calcul dans la durée : 29 € par mois représentent 1 044 € au bout de trois ans. Ce chiffre ne tranche pas à lui seul entre les deux modèles, puisqu'il inclut des services qu'un achat ne comprend pas. Il sert à poser la vraie comparaison : à somme équivalente, d'un côté vous louez un site entretenu, de l'autre vous possédez le vôtre et payez l'entretien à part. Les deux se défendent ; ce qui ne se défend pas, c'est de signer sans savoir dans lequel des deux on se trouve.
Nos repères, cartes sur table
Nous n'affichons pas de grille tarifaire figée, pour la raison expliquée plus haut : chiffrer sans connaître le périmètre revient à promettre une chose et en facturer une autre. Mais refuser de donner tout ordre de grandeur serait le défaut inverse. Voici donc nos repères, tels que nous les donnons à nos clients. Ce sont des points de départ, pas un devis définitif.
Deux étapes à ne pas confondre, parce que promettre un prix ferme en quinze minutes reviendrait à contredire tout ce qui précède. Le premier échange est gratuit et sert à situer votre projet : vous en repartez avec un ordre d'idée et, souvent, avec l'avis franc qu'un périmètre plus léger suffirait. Le devis précis vient ensuite, une fois le périmètre écrit noir sur blanc. Quant au diagnostic à 250 €, ce n'est pas une conversation commerciale payante : il donne lieu à un document, l'état de votre présence en ligne et ce qu'il faut corriger dans quel ordre, plus un échange pour le parcourir. Ce document vous reste, même si nous ne travaillons pas ensemble, et il est déduit du projet si vous le lancez.
Ce que contient « à partir de 1 800 € », pour que le chiffre veuille dire quelque chose : un site vitrine au périmètre simple, avec le cadrage et le positionnement, l'arborescence, la conception et la réalisation des pages, des textes travaillés avec vous, la base du référencement et la fiche Google lorsqu'elle est pertinente pour votre activité. C'est un projet complet, pas des pages assemblées. En revanche, le bilingue, la réservation en ligne, le paiement et les fonctionnalités spécifiques sont chiffrés à part : ce sont des travaux de conception, pas des options à cocher. Et si votre besoin est plus simple qu'un projet complet, nous vous le dirons au premier échange ; parfois la réponse honnête est qu'une offre plus légère ailleurs vous suffira.
Et les frais techniques restent à part et à votre nom : le domaine, l'hébergement, les outils. C'est volontaire, et c'est le sujet d'une règle sur laquelle nous ne transigeons pas, décrite dans notre guide sur le choix d'un prestataire : les actifs d'un client restent chez le client.
Les coûts qui continuent après la mise en ligne
Dernier point, presque toujours absent des comparaisons. Un site a des coûts récurrents, modestes mais réels : le domaine, autour de 10 à 20 € par an ; l'hébergement, de quelques euros à quelques dizaines d'euros par mois selon la technologie ; et le temps ou le budget pour maintenir le site vivant, parce qu'un site laissé sans suivi perd progressivement en pertinence, en fiabilité technique et en visibilité. Intégrez-les au calcul dès le départ : un devis qui n'en parle pas ne vous a pas tout dit.
Questions fréquentes
Pourquoi deux devis pour le même site vont-ils du simple au triple ?
Parce qu'ils ne chiffrent pas le même travail. Le mot « site » recouvre la fabrication des pages, le travail de positionnement et de contenu, et le suivi après la mise en ligne. Un devis court chiffre souvent la seule fabrication ; un devis complet chiffre les trois. Avant de comparer les montants, demandez à chaque prestataire ce qui est inclus au-delà des pages.
Un site à 650 € est-il une mauvaise idée ?
Pas forcément. Si vous fournissez des textes prêts, que votre besoin est une présence simple et que vous savez ce que l'offre ne contient pas, c'est un choix rationnel. Le problème naît quand on attend d'une fabrication à 650 € les résultats d'un projet complet : des demandes entrantes, de la visibilité locale, un message qui convainc. Ce travail-là n'est pas dans le prix.
Que penser des sites en location à 29 € par mois ?
C'est un coût d'entrée minime et une mise en ligne rapide, ce qui peut convenir pour tester une activité. Avant de signer, vérifiez ce que vous pourrez conserver ou transférer si l'abonnement s'arrête : sur une partie de ces contrats, le site et son contenu ne partent pas avec vous. Et faites le calcul sur trois ans : plus de 1 000 €, le prix d'une petite vitrine que vous auriez possédée.
Quels coûts faut-il prévoir après la mise en ligne ?
Le nom de domaine, autour de 10 à 20 € par an ; l'hébergement, de quelques euros à quelques dizaines d'euros par mois ; et l'entretien du site : mises à jour, sauvegardes, petites modifications, contenu. Un site laissé sans mouvement perd progressivement en visibilité. Tout devis sérieux devrait mentionner ces coûts récurrents.
Comment obtenir un chiffre précis pour mon projet ?
En définissant le périmètre avant le montant : qui écrit les textes, quelles fonctions sont nécessaires, quel travail de visibilité est inclus, qui s'occupe de la suite. Un court échange suffit généralement à cadrer ces points et à transformer un « ça dépend » en fourchette honnête, puis en devis détaillé poste par poste.
D'autres questions ? Beaucoup de réponses sont déjà rassemblées sur notre page FAQ.
Vous voulez un ordre d'idée pour votre projet ?
Décrivez votre activité et votre objectif en deux phrases via le formulaire de contact. Nous répondons avec un ordre d'idée honnête, et s'il s'avère qu'une offre plus légère ailleurs vous suffit, nous vous le dirons aussi.
Sources, tarifs publics consultés le 4 août 2026, dans l'ordre des cinq lignes : une page à partir de 650 € HT · forfait 4 à 6 pages à 1 290 € TTC · vitrine à partir de 1 500 € HT · vitrine à partir de 2 500 € · abonnement à partir de 29 € par mois. Cet échantillon illustre cinq modèles d'offre différents ; il ne constitue pas une moyenne du marché. Les tarifs affichés par ces prestataires peuvent évoluer sans préavis.
