Repères · Propriété

À qui appartiennent votre nom de domaine et vos comptes

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Plusieurs trousseaux de clés posés sur une table, comme les accès d'une entreprise à son domaine et ses comptes

Le scénario se répète, et il commence toujours de la même façon : une collaboration qui s'arrête. Le prestataire change d'activité, le ton monte sur une facture, ou simplement la vie passe. Puis un matin, le site ne répond plus, ou le domaine arrive à expiration dans un compte auquel personne n'a accès, ou la fiche Google affiche des horaires que plus personne ne peut corriger. Ce n'est presque jamais de la malveillance. C'est que dès le premier jour, les clés du royaume ont été rangées dans la mauvaise poche, et que personne n'a posé la question tant que tout allait bien. Cet article vous donne la liste des clés, la façon de vérifier aujourd'hui où elles sont, et le chemin pour les récupérer.

Les cinq actifs, et dans quelle poche chacun doit vivre

Votre présence en ligne tient d'abord sur cinq actifs, et ils ne se contrôlent pas tous de la même manière. Pour le domaine et les comptes stratégiques, votre entreprise doit être titulaire ou administratrice principale. Pour l'hébergement, les outils et les éléments sous licence, l'essentiel est une réversibilité écrite : ce qui vous sera remis, sous quel format, dans quel délai. Dans les deux cas, le prestataire reçoit un accès de gestion, pas les clés du coffre.

  • Le nom de domaine. C'est l'adresse de votre entreprise sur internet, et le seul des cinq qui soit réellement irremplaçable : un site se reconstruit, une adresse perdue emporte avec elle les années de référencement, les cartes de visite et les habitudes de vos clients. Deux choses comptent : le titulaire enregistré chez le registrar doit être votre entreprise, et le compte registrar doit vous être accessible. Un prestataire peut gérer le domaine ; il ne doit pas en être le titulaire.
  • L'hébergement. Qu'il soit dans votre compte ou géré par le prestataire, le point n'est pas l'emplacement, c'est la sortie : une copie de sauvegarde, un export du contenu et des conditions de départ écrites. Un hébergement géré par le prestataire est un modèle normal ; un hébergement dont on ne peut pas sortir n'en est pas un.
  • La fiche Google Business. Le compte « propriétaire principal » doit être le vôtre. Une fiche créée sur le compte personnel d'une agence est le cas classique, et le plus long à défaire.
  • L'analytique et la publicité. Google Analytics, Search Console, les comptes publicitaires : votre compte, accès partagé. Sinon, le jour du départ, vous perdez l'historique qui dit ce qui marche.
  • Le contenu et les fichiers. Un domaine récupéré sans le contenu, c'est la clé d'un coffre vide. Mais « le site est à vous » ne suffit pas tant que personne n'a défini ce que la phrase recouvre : distinguez ce que vous avez fourni, les livrables créés pour votre projet, les fichiers sources, et les éléments sous licence tierce que le prestataire ne peut pas céder. Le devis ou le contrat doit dire ce qui vous est remis à la fin, sous quel format, et avec quels droits d'utilisation.

Selon votre activité, la liste s'allonge : messagerie professionnelle, CMS ou plateforme e-commerce, réseaux sociaux, outil d'emailing ou CRM, comptes de paiement. La règle reste la même partout : au moins un administrateur interne, des accès récupérables, une sortie documentée.

La propriété ne se vérifie pas le jour où l'on se quitte. Elle se règle le jour où l'on commence.

Comment vérifier aujourd'hui, en une demi-heure

Pas besoin d'attendre un conflit pour faire l'inventaire. Voici la vérification, actif par actif, à faire un matin calme.

  1. Le domaine. L'annuaire public whois ne vous dira plus grand-chose : depuis le RGPD, les coordonnées y sont masquées. La vérification se fait dans le compte registrar, et la première question est la bonne : qui est inscrit comme titulaire du domaine ? Puis : avez-vous les identifiants de ce compte, à quelle adresse arrivent les factures de renouvellement, qui peut obtenir le code de transfert (le code auth), le renouvellement automatique est-il actif ? Si les réponses pointent toutes vers votre prestataire, le domaine n'est pas chez vous.
  2. La fiche Google. Connectez-vous à votre fiche, ouvrez les paramètres et regardez la liste des accès : qui est « propriétaire principal » ? Si c'est une adresse que vous ne reconnaissez pas, notez-la, elle servira pour la suite.
  3. L'analytique. Ouvrez Google Analytics et Search Console avec votre propre compte Google. Si vous n'y avez tout simplement pas accès, la réponse est déjà là.
  4. Le contenu. Demandez à votre prestataire, sans dramatiser : « si demain je devais déménager le site, que me remettez-vous, sous quel format, et sous quel délai ? » Un prestataire sain répond en deux lignes. Un silence prolongé est une information.

Récupérer ce qui est à vous, quand ce n'est plus simple

Si l'inventaire révèle des trous, commencez les démarches sans attendre. Certains accès se récupèrent en quelques minutes ; d'autres dépendent du titulaire enregistré, du contrat, de l'extension du domaine et de la coopération du prestataire.

Le domaine. Si le prestataire coopère, le domaine est transféré vers un compte registrar contrôlé par votre entreprise, avec votre entreprise comme titulaire ; c'est une opération de quelques jours. S'il ne répond plus, rassemblez ce qui existe, contrats, factures, échanges, et contactez le registrar. Soyez lucide sur ce point : ces documents ouvrent le dossier, ils ne garantissent pas le transfert à eux seuls. Si le prestataire s'est inscrit comme titulaire, la suite dépend de l'extension et peut passer par une procédure formelle de règlement de litige. C'est exactement le scénario que l'inventaire ci-dessus évite.

La fiche Google. Deux situations à ne pas confondre. Si le blocage concerne la propriété de la fiche : quand l'agence coopère, l'invitation puis le transfert de propriété se font depuis les paramètres de la fiche, et Google peut imposer un délai avant que le nouveau propriétaire ait tous les droits ; quand elle ne répond plus, Google prévoit une procédure officielle de demande de propriété, où le propriétaire actuel a un court délai pour réagir. Si le blocage concerne la vérification de l'établissement, c'est un autre chemin, que nous avons raconté dans Vérification Google Business refusée : que faire.

L'analytique et le contenu. Demandez l'ajout de votre compte en administrateur, puis retirez les accès devenus inutiles. Pour le contenu, obtenez une copie complète maintenant, même si tout va bien : une sauvegarde qui dort chez vous ne gêne personne.

Comment nous réglons la question, dès le premier jour

Notre règle tient en une phrase, et elle est écrite dans notre guide sur le choix d'un prestataire : les actifs d'un client restent chez le client. En pratique : le domaine est acheté dans un compte à votre nom, la fiche Google vous a pour propriétaire principal, l'analytique vit dans votre compte Google, et vous recevez les accès dès la création, pas à la fin du projet. Nous recevons des accès de gestion, et partir ne doit rien vous coûter de ce qui vous appartient. Cette règle nous prive d'un moyen de retenir un client. C'est précisément pour cela qu'elle inspire confiance.

L'inventaire des clés
Domainevotre compte registrar, vos factures
Fiche Googlevous êtes propriétaire principal
Analytique & publicitévotre compte, accès partagé
Hébergement & contenusauvegarde et conditions de sortie écrites
Une demi-heure de vérification, zéro mauvaise surprise
L'inventaire à refaire une fois par an, et à chaque changement de prestataire : quatre lignes, une demi-heure.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon nom de domaine est à mon nom ?

L'annuaire whois ne suffit plus : depuis le RGPD, les coordonnées y sont masquées. La vérification se fait dans le compte registrar : qui est inscrit comme titulaire du domaine, avez-vous les identifiants du compte, à quelle adresse arrivent les factures de renouvellement, et qui peut obtenir le code de transfert. Si les réponses pointent toutes vers votre prestataire, le domaine n'est pas chez vous.

Mon prestataire héberge mon site : est-ce un problème ?

Non, l'hébergement géré par le prestataire est un modèle courant et souvent pratique. Le point à régler n'est pas l'emplacement mais la sortie : une sauvegarde accessible, un export du contenu et des conditions de départ écrites. Un hébergement géré est normal ; un hébergement dont vous ne pouvez pas sortir avec votre site ne l'est pas.

L'agence a créé ma fiche Google sur son compte : comment la récupérer ?

Si l'agence coopère, elle vous invite comme propriétaire puis vous transfère la propriété principale depuis les paramètres de la fiche ; Google peut imposer un délai avant que le nouveau propriétaire ait tous les droits. Si elle ne répond plus, utilisez la procédure officielle de demande de propriété, où le propriétaire actuel dispose d'un court délai pour réagir. Dans les deux cas, commencez par identifier quelle adresse email est propriétaire actuel.

Que dois-je récupérer si je change de prestataire ?

Cinq choses : la main sur le domaine (compte registrar ou code de transfert), une copie complète du site et de son contenu, la propriété principale de la fiche Google, l'accès administrateur à l'analytique, et la liste des abonnements techniques payés avec leur échéance. Le tout se demande avant de résilier quoi que ce soit, pendant que la relation est encore fonctionnelle.

Le prestataire peut-il légitimement garder quelque chose ?

Oui : ses outils internes, ses licences mutualisées, ses gabarits et son savoir-faire lui appartiennent, et certaines licences tierces ne peuvent tout simplement pas être cédées. En revanche, le domaine, vos données et les livrables convenus ne doivent jamais servir de moyen de pression. La frontière exacte se fixe dans le contrat : quels livrables vous sont remis, sous quel format, avec quels droits d'utilisation. En France, une cession de droits qui n'est pas écrite noir sur blanc n'est pas acquise.

D'autres questions ? Beaucoup de réponses sont déjà rassemblées sur notre page FAQ.

Un doute sur l'un de vos actifs ?

C'est exactement ce que couvre notre diagnostic digital : nous vérifions le titulaire du domaine, les rôles administrateurs, les possibilités d'export et les conditions de sortie, et vous repartez avec une liste claire : ce qui est sécurisé, ce qui doit être corrigé, dans quel ordre. À partir de 250 €, déduits du projet s'il se lance.

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